Un rêve de paix, d’amour et de fraternité – Rozbi Demir

Monsieur le député François PUPPONI, Madame la maire de Sarcelles Annie PÉRONNET, chères adhérents et chères invités,

Il y a 4 ans de cela, Bulent Hoca, l’auteur de cette sculpture que vous avez devant les yeux, en érigeait une en Turquie à la mémoire des Alévis de l’Est du pays.

Malheureusement, sous l’injonction du gouvernement turc, nous avons été contraints de la retirer de l’espace public.

C’est pourquoi l’acceptation par la Mairie de Sarcelles d’accueillir une sculpture semblable revêt une double valeur à nos yeux. Je dirai même qu’elle n’a pas de prix. Cette acceptation qui témoigne d’une tradition d’accueil, honore la mairie de Sarcelles et nous honore.

L’oeuvre qui se dresse devant vous est pionnière. C’est une première dans l’histoire des Alévis, et dans celle de la diaspora alévie d’Europe.

Elle est l’incarnation d’un rêve porté par les Alévis, un rêve qui les a bercés de tout temps. C’est un rêve profondément ancré dans le rêve de l’humanité : un rêve de paix, d’amour et de fraternité qui fait merveilleusement écho à la devise de la République : liberté, égalité, fraternité. Et qui montre à quel point les valeurs des Alévis sont compatibles avec celles de la République.

L’idéal du vivre ensemble est un principe fondateur de la pensée alévie. Vivre en harmonie et en bonne intelligence avec les autres, mais également avec notre environnement, avec la Nature.

Cette sculpture est intrinsèquement alévie en ce sens qu’elle convoque cette Nature si chère au cœur des Alévis : observez-la de près, vous allez y retrouver les quatre éléments : l’eau, la terre, l’air et le feu. Le socle est une pierre de marbre, pas n’importe quelle pierre. Elle a une valeur particulière chez les Alévis. Ici elle est surplombée de deux cylindres. Des descendants des victimes de la politique du gouvernement turc viendront tout à l’heure y déposer une poignée de terre ; c’est leur terre ancestrale. 

Dans les 12 niches seront déposés 12 cierges, symboles de l’élément feu. Enfin l’eau que vous apercevez et qui tourne en permanence symbolise le Semah, une danse sacrée dans la liturgie alévie.

La réalisation de ce rêve est rendue possible grâce à vous, mes amis. Vous que nous tenons à remercier du profond de nos cœurs, monsieur le député, madame la maire, le sculpteur monsieur Bülent Çinar et enfin le professeur d’université d’Istanbul Şükrü Aslan.

Rozbi Demir
Co-présidente de la Fédération des Unions des Alévis de France
FUAF