Le massacre de Madimak est un crime commis contre l’Humanité.

Cette décision de grâce présidentielle est politique !

Le président Erdoğan a accordé la grâce présidentielle à Ahmet Turan Kılıç, condamné à la prison à perpétuité suite à la mort de 33 écrivains, poètes, intellectuels dans l’incendie de l’hôtel Madimak à Sivas en 1993.

Les mêmes qui étaient les avocats des criminels de ce massacre relaxent aujourd’hui le monstre qui a brûlé ces personnes avec un bidon d’essence. Les procédures judiciaires durent depuis 27 ans, certes des personnes ont été condamnées, mais beaucoup sont en liberté sans impunité. Pour finir, l’approche du gouvernement n’est pas objective et partiale sur cette. Ce qui empêche toute vérité aux yeux de la population.

Depuis des siècles à nos jours, la communauté alévie est la cible de ses obscurantistes parce qu’elle adhère aux valeurs des Lumières, à la laïcité et la fraternité. Ce crime est un crime contre l’Humanité et il n’y a pas de délai dans le temps pour juger des barbares ou les pardonner. C’est contraire au fonctionnement et aux principes de la justice dans un Etat de droit.

Pour la communauté alévie, la libération de Ahmet Turan Kılıç a le même effet que la libération du bourreau serbe Radovan Karadzic auprès des Bosniaques ou celle d’un nazi auprès des Juifs. Ahmet Turan Kılıç est un criminel et cette décision est politique.

C’est pourquoi, nous demandons l’annulation de la décision concernant Ahmet Turan Kılıç et l’ouverture de procès d’autres criminels de Madimak qui se baladent en toute liberté en Europe et en Allemagne.

N’oublions jamais ces crimes commis contre l’Humanité. Ne nous taisons pas et rappelons que chaque massacre oublié, avec des criminels impunis, peut en engendrer de nouveaux. L’Histoire nous le montre bien.

Confédération Union des Alévis d’Europe
Le 05.02.2020